[ Zeta Series in Neoplatonism, nr. 2 ]

Le paradoxe de la transcendance
chez Aristote et Plotin

par Gabriel Chindea

 

L’auteur part de l’observation selon laquelle, s’il est analysé seulement d’un point de vue logique, le concept de transcendance semble inconsistant, parce qu’il engendre un paradoxe. En effet, si le transcendant pouvait être connu et donc affirmé comme transcendant, sa transcendance serait annulée, et le transcendant s’avérerait ne plus être transcendant. Car le transcendant véritable ne devrait être connu d’aucune manière. D’autre part, si le transcendant était vraiment transcendant, alors, comme il faudrait ne plus rien affirmer de lui ni même le fait qu’il est transcendant, sa transcendance serait de nouveau, bien que dans un sens différent, infirmée. Chacune de ces deux situations semble donc indiquer qu’une transcendance consistante d’un point de vue logique est impossible. Dans ces conditions, en analysant les théories théologiques d’Aristote et de Plotin, l’auteur essaie de déterminer la manière dans laquelle les deux philosophes résolvent ce problème de la transcendance. Il étudie ainsi les divers types de transcendance présents chez Aristote et Plotin, les rapports qui existent entre eux et leur évolution historique. Finalement, la conclusion du livre est que, pour Aristote et Plotin, la solution du problème de la transcendance ne présuppose pas l’élimination du paradoxe, pour arriver à une transcendance qui ne serait plus paradoxale. Au contraire, la transcendance aristotélicienne, aussi bien que la transcendance plotinienne, conserve un caractère paradoxal qui doit être admis comme tel et qui s’impose en vertu d’une nécessité qui n’est plus logique, mais ontologique.
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